Des génériques en série

Il est souvent difficile de parler d’une série télévisée sans évoquer son générique. Ce montage d’images sur fond musical marque en effet souvent une série de son empreinte. Sa disparition progressive de la plupart des programmes des networks attriste pas mal de sériephiles… Et pour cause, son rôle est bien souvent plus important qu’il n’y paraît.

 

Un générique, oui mais pourquoi ?

Les génériques ont, bien sûr, dans un premier temps, un rôle informatif. Ils donnent des informations sur les acteurs, le réalisateur, les scénaristes et tous ceux qui ont contribué à faire l’épisode.

Mais là où de simples crédits déroulants blancs sur fond noir en fin d’épisode pourraient suffire, le générique de série dispose pourtant souvent d’une mise en scène qui lui est propre. Son but premier est alors largement dépassé. Avec cette sorte de « mini-clip » (musique et images fonctionnent de pair), la série trouve une sorte de symbole la résumant. Ainsi, les premières notes de « I’ll be there for you » rappellent à tous la série Friends et tout le monde associe les gros plans d’une routine matinale à Dexter. Si certains génériques sont devenus si cultes, c’est sans doute parce qu’ils ont su s’accorder parfaitement à leurs séries. De plus, le générique, s’il est bien conçu, permet facilement au spectateur de rentrer dans l’épisode. L’ambiance de la série est installée grâce à lui, l’attention du spectateur devant son écran captée.

 

Une différence entre networks et chaînes du câble

Ce processus « simple », ayant en plus fait ses preuves, est de plus en plus remis en question par les grands networks. En effet, le générique tend à disparaître complétement sur les chaînes principales. Cette tendance peut sans doute s’expliquer par le temps limité et peu élastique auquel ont le droit les séries diffusées, à l’inverse d’une liberté un peu plus grande sur le câble. Les génériques cultes des networks, nous dévoilant les acteurs de la série, comme dans Buffy, Beverly Hills et autre Melrose Place, ont fini par disparaître. Les génériques n’ont même pas seulement évolué, ils sont aujourd’hui quasiment absents. Ils sont réduits au plus simple, le nom de la série étant souvent la seule chose présente. Quelques séries font encore office d’exception, comme « l’ancienne » Criminal Minds et des plus récentes, qui ont bien compris l’importance du générique, comme Sleepy Hollow ou The 100 (générique rajouté en saison 2, comme pour souligner le virage plus ambitieux pris par la série).

A l’opposé, les chaînes du câble américain paraissent prendre de plus en plus de soin dans la conception de ces séquences, les élevant presque au rang d’art à part entière. HBO, Showtime, AMC et les autres ont conscience de la force d’un générique dans le processus d’identification d’une série. Découvrir une série, c’est aussi découvrir son générique : l’esthétique choisie, la musique sélectionnée. La mode semble être aujourd’hui aux génériques « narratifs », qui, en eux-mêmes, racontent quelque chose ou éclairent sur la série, ses personnages, son décor… (on peut par exemple citer les cas de Mad Men, Game Of Thrones, The Walking Dead…).
Si le générique de Mad Men est aujourd’hui aussi célèbre, c’est parce qu’il contient en lui-même une partie de l’histoire de la série. Le style graphique est de suite identifiable (tout en étant un clin d’œil intéressant à l’affiche du Vertigo d’Alfred Hitchcock), le monde de la publicité dans laquelle prend place la série est représenté, et la « chute » symbolique du personnage principal pleinement imagée.

 

Des génériques évolutifs

L’idée qu’un générique doive être une valeur ajoutée à la série, et raconter quelque chose sur elle, se retrouve d’autant plus dans certaines séries qui prennent le parti de le faire évoluer dans le temps. Une série comme American Horror Story par exemple va transformer son générique à chaque saison, en gardant une esthétique toutefois similaire et une musique commune retravaillée à chaque fois, afin de coller chaque année à la nouvelle intrigue de la saison. S’agissant d’une série d’anthologie, cette modification du générique, néanmoins pas totale, vient surligner le genre auquel appartient American Horror Story et ses caractéristiques : on reste dans la même série, les points communs entre les saisons restent nombreux (thématique, acteurs etc.), mais ce n’est toutefois pas tout à fait la même chose.

Sur les networks, certaines séries ont également réussi à faire évoluer leur opening credit d’une saison à l’autre. Veronica Mars qui propose, en saison 3, un remix musical et un style visuel complètement différent, Smallville, qui conserve la même musique, mais change de visuel avec des effets 3D dès sa saison 5 ou encore Alias qui a proposé une refonte de la musique et le rajout d’images à partir de sa quatrième année. Ces évolutions visuelles et musicales permettent d’apporter du sang neuf à la série et de ne pas tourner en rond durant de nombreuses saisons (que l’on aime, ou non, les nouvelles versions).

Dans le même esprit, le générique de Modern Family a lui aussi quelque peu évolué en gardant le même concept et la même musique, mais en montrant l’évolution physique des personnages (notamment des enfants). Un moyen assez efficace de rappeler que le temps passe.

Les séries animées ne sont pas en reste, puisque The Simpsons et Family Guy ont aussi refait leur générique afin de montrer l’évolution graphique des dessins (The Simpsons a même habilement marqué le coup avec le passage au format 16/9ème). En parlant de la famille jaune la plus connue au monde, on peut noter que le gag du canapé ainsi que les mentions écrites par Bart sur le tableau de sa classe changent même à chaque épisode !

The Simpsons n’est pas la seule à oser les modifications au cours d’une même saison. Ainsi, Game Of Thrones complète sa carte de nouveaux lieux au fur et à mesure des voyages des personnages. C’est encore Fringe, un exemple très frappant, qui va utiliser un code de couleurs très précis, que le spectateur retiendra d’ailleurs facilement, pour nous indiquer quand et où l’épisode prend place. Cette manière de faire suit donc parfaitement le déroulé narratif.

D’autres séries plus anciennes avaient déjà instauré ce procédé. Charmed, par exemple, qui changeait son générique en fonction des acteurs présents dans l’épisode. Buffy était également maîtresse dans le genre avec plusieurs versions du générique selon les épisodes (rajout d’acteurs, modification du style, …).

Quant à Friends, la série disposait de deux génériques par saison, permettant aux téléspectateurs de ne pas trop se lasser des images.

 

Une disparition progressive

Il y a également le cas des génériques qui disparaissent au fil des ans. Des séries comme Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives ont vu leur opening être fortement diminués après quelques saisons. Il y a encore plusieurs années, regarder un épisode et remarquer que le générique n’était réduit qu’au seul titre de la série était signe d’un épisode événement et/ou important, puisque perdre 45 secondes pour le générique n’était pas possible.

Autrefois, si le générique nous permettait de rentrer dans l’ambiance si particulière de chaque série (et permettait, en plus, d’accentuer le côté « choc » du cliffhanger généralement situé juste avant), il est maintenant assez dommage de constater que seul le titre et une ou deux notes musicales nous permettent de plonger dans la série. Qui n’a jamais tapé dans ses mains lors du générique de Friends ou chanté durant celui de The O.C. ?

Cette immersion est d’autant plus efficace lorsqu’il est reconnaissable dès les premières secondes. Ceux de The X-Files, de Malcom ou de Sex & The City sont reconnaissables par à peu près tout le monde, même de nombreuses années après.

Avant cette disparition quasi-complète des génériques sur les networks, des séries avaient déjà entamé ce processus. 24, en 2001, qui proposait juste l’apparition de son titre (mais les notes de fond donnent une certaine dimension à cette courte introduction) ou encore Lost, en 2004. Et pourtant, cela n’était pas gênant. Pour certaines séries, il faut reconnaître que l’utilisation d’un générique n’est pas forcément obligatoire et aurait même pu se révéler, en fin de compte, assez kitch.

L’absence des génériques sur les networks est donc, dans l’ensemble, assez regrettable. Mais qui sait ? Il s’agit peut-être là seulement d’une (très longue) phase à passer avant le retour de ces séquences si chères à nos yeux. Seul l’avenir nous le dira.

Et vous, quels génériques chantonnez-vous encore aujourd’hui ?

Typh et Alex.

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